Momentum
La stratégie momentum
En bref
Les actions qui ont le plus monté au cours de l'année écoulée ont tendance à continuer de faire mieux que les autres pendant quelques mois. La stratégie momentum achète ces gagnantes, vend les perdantes, et laisse la tendance faire le travail.
Un signal momentum, chiffre par chiffre
Voici à quoi ressemble un signal momentum dans PairScanner. Le titre et les chiffres sont fictifs.
Cliquez sur un chiffre pour comprendre son rôle
Mouvement attendu+4,8 %en 60 séances, frais déduits
Mon rôle : dire ce que ce type de signal a rapporté en moyenne par le passé, une fois les frais payés. Ici +4,8 % sur 60 séances, largement de quoi couvrir les frais d'aller-retour.
Fourchette 80 %-3,2 % à +12,6 %médiane +4,1 %
Mon rôle : montrer la plage des résultats les plus courants. Huit signaux semblables sur dix ont fini dans cette fourchette. Plus elle est étroite, plus l'issue est prévisible.
Probabilité63 %d'une issue positive
Mon rôle : estimer la chance que ce signal finisse gagnant, frais déduits. 50 % serait pile ou face ; 63 % veut dire qu'environ deux signaux semblables sur trois ont fini positifs.
Échantillon214 / 340cas positifs, 2019 à 2026
Mon rôle : dire sur combien de situations passées reposent les chiffres. 340 cas forment une base solide : les chiffres ne tiennent pas à quelques coups de chance.
Pire décile-7,4 %une issue sur dix fait moins bien
Mon rôle : donner l'ordre de grandeur d'une issue défavorable, pour choisir la taille de la position en connaissance de cause.
Validité29.09.2026expire le 22.12.2026
Mon rôle : dater les données utilisées et dire jusqu'à quand le signal compte. Un signal expiré n'est plus suivi.
Ce que fait PairScanner
PairScanner applique cette règle automatiquement. Une fois par mois, l'algorithme mesure la performance de chaque action de son univers d'actions américaines liquides sur les douze derniers mois, dernier mois exclu, les classe, et retient le décile le plus fort et le décile le plus faible.
Chaque soir après la clôture américaine, il met à jour les signaux en cours et calcule, pour des horizons de 20 et 60 séances, le mouvement attendu frais déduits, la probabilité estimée d'une issue positive, la fourchette des résultats plausibles et l'ordre de grandeur d'une mauvaise issue. Ces chiffres viennent du rejeu de la même règle sur l'historique : ce sont des fréquences passées, pas des promesses.
Une variante applique la même idée aux neuf grands secteurs américains, à travers leurs ETF : l'algorithme compare leur performance sur la même période et signale le secteur le plus fort et le plus faible.
Vous ne codez rien et ne calculez rien : vous ouvrez l'onglet Momentum du tableau de bord et lisez le résultat du jour.
L'idée en détail
Le momentum est l'une des régularités de marché les mieux documentées. La règle tient en trois étapes. Chaque mois, on mesure la performance de chaque action sur les douze derniers mois, en laissant de côté le tout dernier mois. On classe les actions de la plus forte à la plus faible hausse. On achète le groupe de tête, souvent les 10 % les plus fortes, et on vend à découvert le groupe de queue.
Les positions sont gardées quelques semaines à quelques mois, puis on recommence le classement.
Pourquoi écarter le dernier mois ? Sur un mois, c'est l'effet inverse qui domine : les titres qui viennent de beaucoup bouger ont tendance à se replier un peu. C'est la réversion courte. Mesurer sur douze mois moins le dernier, qu'on note « 12-1 », sépare les deux effets.
Un exemple chiffré
Prenons huit actions fictives. On garde le quart le plus fort et le quart le plus faible : deux achetées, deux vendues. Dans la vraie stratégie, on classe des centaines de titres et on retient des groupes de 10 %.
| Action | Performance 12-1 mois | Rang | Décision |
|---|---|---|---|
| A | +64 % | 1 | Achetée |
| B | +41 % | 2 | Achetée |
| C | +23 % | 3 | Ignorée |
| D | +9 % | 4 | Ignorée |
| E | +2 % | 5 | Ignorée |
| F | -6 % | 6 | Ignorée |
| G | -18 % | 7 | Vendue |
| H | -31 % | 8 | Vendue |
Supposons que le mois suivant, A et B gagnent en moyenne 3 % et que G et H perdent en moyenne 1 %. La jambe acheteuse gagne 3 %, la jambe vendeuse gagne 1 % puisque les titres vendus ont baissé. Sur l'ensemble du capital engagé des deux côtés, cela fait environ 2 %, avant frais.
Exemple fictif, à but pédagogique. Ce n'est ni un signal ni une recommandation.
Pourquoi ça fonctionnerait
En 1993, Narasimhan Jegadeesh et Sheridan Titman ont montré que, sur les actions américaines de 1965 à 1989, acheter les gagnantes des 3 à 12 derniers mois et vendre les perdantes rapportait en moyenne de l'ordre de 1 % par mois sur les mois suivants, avant frais.
L'explication la plus répandue est comportementale. Les investisseurs sous-réagissent aux nouvelles : une bonne nouvelle n'est intégrée dans le prix que progressivement, ce qui crée une tendance. Viennent ensuite les effets de mode et de mimétisme, qui prolongent le mouvement.
Une partie de l'effet vient des secteurs : Tobias Moskowitz et Mark Grinblatt ont montré en 1999 que les secteurs gagnants tendent eux aussi à continuer de gagner. C'est l'idée de la variante sectorielle.
Ce que dit la recherche aujourd'hui
Le momentum a été retrouvé dans de nombreux marchés et classes d'actifs, actions, obligations, devises et matières premières, comme l'ont documenté Clifford Asness, Tobias Moskowitz et Lasse Pedersen en 2013.
Christopher Geczy et Mikhail Samonov l'ont même observé sur plus de deux siècles de données du marché américain, de 1801 à 2012. Peu de régularités de marché ont été vérifiées sur une période aussi longue.
Sources
Études citées dans cette page :
- Narasimhan Jegadeesh et Sheridan Titman (1993). Returns to Buying Winners and Selling Losers: Implications for Stock Market Efficiency. The Journal of Finance, 48(1), 65-91.
- Tobias J. Moskowitz et Mark Grinblatt (1999). Do Industries Explain Momentum?. The Journal of Finance, 54(4), 1249-1290.
- Clifford S. Asness, Tobias J. Moskowitz et Lasse Heje Pedersen (2013). Value and Momentum Everywhere. The Journal of Finance, 68(3), 929-985.
- Christopher C. Geczy et Mikhail Samonov (2016). Two Centuries of Price-Return Momentum. Financial Analysts Journal, 72(5), 32-56.
PairScanner ne promet aucun résultat : les chiffres décrivent ce que les stratégies ont fait par le passé. Contenu pédagogique, pas un conseil en investissement ; PairScanner ne passe aucun ordre.
Voir le momentum calculé aujourd'hui